Calendrier

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Catégories

fondpierre-copie-1.jpg

Recherche

Recommander

Samedi 8 août 2009 6 08 /08 /Août /2009 14:18

La magie se multiplie. Parfois avec des changements étonnants. Les Artifiques II au Bois des Moutiers fut une expérience très différente de la première édition. Si on peut dire poésie et musique en synonymes de distance, alors nous sommes allés bien plus loin. L’étrange villa de Lutyens, avec son anglicité irréductible en terre de bocage normand, semblait attendre un peu d’inattendu, des mots forts et tendres, des mélodies funèbres et joyeuses.

Anaelle Jolly a merveilleusement animé la partition composée pour la flûte par Alexandre Fontaines, qui emprunta à Mendelssohn ses beaux thèmes, dont le superbe Nocturne. Complices, Julia Lepère et Fanny Garin furent à la fois Titania et des fées incarnées avec malice, assurance et charme. Drapé dans une royale cape Fabien Bellat fit de la cour d’honneur de la villa le palais d’Obéron. Festif, Jérémie Bichüe tituba en un mémorable « Etat du royaume » en ivresse, mélancolie et ironie. D’un flegme so british Facinet Cissé fit ricocher les poétiques en éclats percutants, mitraille d’émotion. Et Puck ? Il fut (presque) nu, troublant, danseur poignant : Henrri De Sabates lui prêta son innocence, dont se choquèrent quelques benêts effrayés de voir une jambe. La poésie n’est pas qu’intellect : elle est aussi corps et nature ! Si Dumas a fait des enfants à l’histoire, nous avons eu un réflexe similaire en kidnappant les mots de Shakespeare et les notes de Mendelssohn en faisant nôtre leur Songe d’une nuit d’été. Le matériau était du bon marbre, du bon chêne, qui paraissait ravi de trouver d’autres architectes prêts à le modeler en d’autres édifices poétiques et musicaux.

Nous improvisâmes aussi des poèmes à partir des mots écrits par les visiteurs sur les galets que nous avions amenés à la Cage aux fées : cette idée plut beaucoup à l’assistance et fut pour les poètes un exercice aussi nouveau qu’apprécié. D’autres improvisations furent musicalisées dans le parc, entre les magnolias géants et les fougères en prairies sylvaines… Coup de pied de l’âne, palais du roi des fées, méprises amoureuses, gestes grotesques, poèmes en écho aux arbres ou échappés au vent… Tout cela est fort bien, mais point l’essentiel.

C’est le sentiment de s’être trouvés mutuellement. D’avoir assemblé en une belle rencontre une nouvelle équipe dévouée à la création, dans une entente capable d’éclats de rire, d’estime et de joie mêlée. Outre une aventure artistique, Irredente est plus que jamais une aventure humaine. Pour une fois nous mettrons en ligne des images – un grand merci aussi à notre photographe, Alaric Perrolier – ne concernant pas que notre travail. Images qui diront notre plaisir, notre émotion face à la beauté, celle du lieu, celle des falaises, celle d’une mer que soudain le soleil ardent pare en horizon turquoise. Si faire un spectacle est une bonne chose, vivre une expérience de partage, d’ouverture aux autres et au monde, en est une excellente, qui grandit les voyageurs en poésie.

 

Par Irredente - Publié dans : Revue de presse
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus